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Norma

Norma est un opéra en deux actes de Vincenzo Bellini, sur un livret de Felice Romani, d’après la tragédie d’Alexandre Soumet Norma ou l’Infanticide.

Lorsqu’un compositeur et un librettiste s’unissent pour héroïniser la soprano, cela donne Norma. Norma est à la fois orgueilleuse, passionnée, vindicative et la difficulté du rôle est de faire ressortir ces sentiments en plus de l’épreuve vocale car Norma passe pour être vocalement difficile.

L’opéra fut créé le à la Scala de Milan sous la direction du compositeur avec Giuditta Pasta dans le rôle de Norma et Giulia Grisi dans celui de Adalgisa. Le rôle titre était trop élevé pour Pasta et la première fut un échec. Après transposition d’un demi-ton, la quatrième représentation fut un triomphe1.

Argument

L’action se déroule en Gaule sous l’occupation romaine, et expose l’intrigue amoureuse qui lie Pollione, proconsul romain, à Norma, son ancienne compagne, et à la jeune Adalgisa. À cette intrigue, se mêle le soulèvement du peuple gaulois contre l’occupant, mené par le druide Oroveso.

Norma, grande prêtresse du temple druidique qui a eu (rompant ses vœux de chasteté) deux enfants de Pollione, proconsul romain, découvre que son amant est amoureux d’une jeune prêtresse, son amie, Adalgisa. Norma tente de le convaincre de renoncer à Adalgisa et de lui revenir, mais il refuse. Norma avoue alors publiquement sa faute et est condamnée à mort. Pollione est condamné pour avoir poursuivi Adalgisa dans le temple et monte au bûcher avec Norma.

Interprétation

Le rôle-titre de Norma est considéré comme l’un des plus difficiles du répertoire des sopranos. Les cantatrices Rosa Ponselle, Maria Callas, Joan Sutherland et Montserrat Caballé ont, au XXe siècle, marqué de leur interprétation ce rôle qui requiert à la fois une grande technique lyrique et des qualités de tragédienne. À ce jour (2006) les grandes titulaires du rôle sont rares. Au niveau international, la soprano arménienne Hasmik Papian passe pour en être l’une des meilleures interprètes actuelles. Norma a également été interprétée par la chanteuse américaine June Anderson, la Slovaque Edita Gruberová ou l’américaine Catherine Naglestad.

Norma requiert de la part de l’héroïne éponyme la technique la plus superlative : le célèbre aria Casta Diva (cavatine), invocation mystique à la lune, est une leçon belcantiste : longueur du souffle, précision des vocalises jusqu’au contre-ut, par trois fois. De même pour le bouleversant arioso qui ouvre le second acte. Si les graves de Norma sont abondamment sollicités dans les passages les plus sombres, un soprano dramatique ne peut convenir pour le rôle car est exigée une extrême agilité vocale : dans les instants où culmine la fureur de l’héroïne, se libèrent des coloratures di bravura dont la réalisation exige la plus grande virtuosité. On songe notamment au terrible saut d’une octave et demie qui conclut, par deux fois, le Oh, non tremare ou bien au contre-ut de feu jeté avec rage à la fin du récitatif du temple d’Irminsul.

En outre, Bellini s’est attaché à donner aux récitatifs un relief particulier, en tentant de fusionner les composantes textuelles et musicales : aussi comprend-on que ce serait une fâcheuse méprise pour une prima donna de chanter ces récitatifs avec la négligence habituelle qu’on leur accorde. Le Sediziose voci instaure d’emblée le ton altier et souverain de la grande phrase déclamatoire ; le Vanne e li celi entrambi est l’union subtile, et si constitutive de la psychologie de l’héroïne, de l’affection d’une mère et de la fierté d’une femme ; quant au célèbre arioso Teneri figli, l’une des plus parfaites mélodies belliniennes, qui a inspiré une étude à Chopin, il est intégré à un récitatif particulièrement dramatique, celui d’une infanticide qui doute. Et comment ne pas mentionner la perfection dépouillée de l’aveu final de Norma : sur un sol a cappella, la prêtresse met littéralement à nu sa faute. On l’aura compris, Norma n’est pas une œuvre qui cultive l’exubérance et les effets faciles ; bien au contraire, elle procède de la pureté du chant et de la quintessence du drame.

Distribution

Role Tessiture Grand Théâtre 2017
Norma, grande prêtresse du temple des druides soprano Alexandra Deshorties
Pollione, proconsul romain ténor Rubens Pelizzari
Oroveso, chef des druides, père de Norma basse Marco Spotti
Adalgisa, jeune vierge soprano Ruxandra Donose
Clotilda, confidente de Norma soprano Sona Ghazarian
Flavius, centurion romain, ami de Pollione ténor Migran Agadzhanyan*
Direction Musicale John Fiore

Orchestration

Classe Instruments
Cordes violons I, violons II, altos, violoncelles, contrebasses
Bois 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons
Cuivres 2 cors, trompette, trombone
Percussions timbales, harpe

A propos Patrick Winkler